ServiceNow a présenté le 15 octobre 2026 AI Passport, une sorte de passeport numérique pour les agents IA : un identifiant signé qui dit qui est l’agent, ce qu’il a le droit de faire, sur quels systèmes et sous la responsabilité de qui. L’intérêt est que ces droits sont vérifiés pendant le travail de l’agent, et pas seulement au moment où on le lance.
- AI Passport est émis par AI Control Tower, la plateforme de gouvernance de l’IA de ServiceNow.
- Il contient l’identité de l’agent, ses actions autorisées, les systèmes accessibles et son propriétaire responsable.
- Il repose sur des spécifications ouvertes, pour couvrir aussi les agents d’autres éditeurs.
- NVIDIA est partenaire de lancement ; la disponibilité est annoncée pour la fin de l’année 2026.
Plan de l'article
Quel problème AI Passport veut-il régler ? #
Les entreprises empilent des agents IA venus de plusieurs fournisseurs : un agent de service client chez l’un, un assistant de recherche chez l’autre, des automatisations maison. Chacun a ses propres réglages, et personne n’a de vue d’ensemble sur ce que ces agents peuvent réellement faire une fois lâchés dans le système d’information.
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Pour Nenshad Bardoliwalla, vice-président senior des produits IA de ServiceNow, cité par SiliconANGLE, il manque un socle commun d’identité : « Without that baseline, every guardrail is just advisory ». Autrement dit, sans identité vérifiable, chaque garde-fou reste une simple recommandation.
Comment fonctionne ce passeport ? #
Le passeport est un identifiant signé cryptographiquement. Pour fixer les limites de chaque agent, il s’appuie sur la base de configuration de ServiceNow (la CMDB), sur les politiques de gouvernance et sur les circuits de validation déjà en place dans l’entreprise.
La démonstration décrite par SiliconANGLE est parlante. Un agent de service client tiers était limité aux remboursements de moins de 25 dollars. Un remboursement de 18 dollars est passé automatiquement ; une demande de 40 dollars a été bloquée au moment de l’exécution et renvoyée vers un humain.
Une réponse graduée plutôt qu’un interrupteur
Quand un agent sort de son périmètre, il n’est pas forcément coupé. Il peut être suspendu, restreint à certains outils, ou désactivé en révoquant ses identifiants, puis rétabli avec une explication enregistrée. Nenshad Bardoliwalla compare le dispositif à un variateur de lumière : « It’s more like a dimmer switch ».
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Ce point compte pour les équipes métier : un agent qui dérape sur une tâche ne bloque pas forcément tout le reste du processus, et chaque décision laisse une trace exploitable lors d’un audit.
Pourquoi des spécifications ouvertes ? #
Selon le communiqué de ServiceNow, AI Passport utilise des spécifications ouvertes pour que d’autres produits de gouvernance, fournisseurs d’identité et systèmes de contrôle puissent émettre et vérifier ces identifiants. Le passeport vise les agents tiers autant que ceux de ServiceNow.
NVIDIA est partenaire de conception et de lancement. L’intégration relie AI Passport à sa plateforme Open Agent Safety Platform. Itay Ozery, responsable marketing produit cybersécurité chez NVIDIA, résume l’objectif : rendre la politique de l’entreprise effective « at the point of execution », c’est-à-dire au moment précis où l’agent agit.
Ce qu’AI Control Tower ajoute autour #
Le passeport s’inscrit dans un ensemble plus large. AI Control Tower gagne une détection de l’IA fantôme (les outils utilisés sans validation de la DSI), plus de 400 connecteurs pour inventorier les IA présentes chez différents fournisseurs, une cartographie des accès et un suivi des coûts par utilisateur, par service et par environnement d’exécution.
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D’après SiliconANGLE, AI Passport, la détection de l’IA fantôme et le suivi des coûts doivent être disponibles plus tard dans le trimestre.
Et pour les salariés : des agents sans code #
ServiceNow a profité de la même annonce pour élargir EmployeeWorks, son portail pour les salariés. Les employés peuvent y créer leurs propres assistants (recherche, agenda, RH) et des routines qui automatisent des tâches répétitives, comme la préparation d’un rendez-vous client par un commercial. Bhavin Shah, vice-président senior chez ServiceNow, insiste sur l’absence de code : « drag and configure and deploy all within these guardrails ».
Côté développeurs, un outil baptisé ToolSmith génère des intégrations à partir d’instructions en langage naturel. Ces briques sont pour l’instant en disponibilité contrôlée, réservée à certains clients.
Ce que ça change pour une entreprise qui déploie des agents #
Le cas d’usage concret est clair : passer d’agents qui « font confiance » à leur configuration à des agents dont chaque action est vérifiée contre une règle écrite. Pour une PME ou un service client qui teste un agent de remboursement ou de prise de rendez-vous, la logique est la même, même sans ServiceNow : définir un plafond, un propriétaire et un circuit de repli vers un humain avant la mise en production.
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Reste une prudence. Le produit n’est pas encore disponible, et son efficacité dépendra de l’adoption de ces spécifications ouvertes par les autres éditeurs. Un passeport n’a de valeur que si les frontières le reconnaissent.
Questions fréquentes #
AI Passport est-il déjà utilisable ?
Non. ServiceNow annonce une disponibilité plus tard dans le trimestre, soit d’ici la fin de l’année 2026.
Fonctionne-t-il avec des agents d’autres éditeurs ?
C’est son objectif : il repose sur des spécifications ouvertes et vise aussi les agents tiers.
Que se passe-t-il quand un agent dépasse ses droits ?
L’action est bloquée au moment de l’exécution, et l’agent peut être suspendu, restreint ou désactivé, avec une trace de la décision.
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